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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 10:01
Bernard Noël sur un tableau de Anne slacik

C'était le mois dernier, c'était au Centre Culturel Max Juclier à Villeneuve la Garenne. D'accès assez simple finalement, puisque qu'un tramway m'a posée quasi devant, en partant de la gare RER de Saint Denis.

Et c'était très beau.

Très beaux les tableaux d'Anne Slacik, qui donnent à voir des élans de couleur, des émotions d'espace, des traits de pure lumière, mais il faut lire ce qu'en dit le poète.

Il fallait l'entendre lire son texte de cette voix douce et intime, presque hypnotique qui est la sienne.

Bernard Noël sur un tableau de Anne slacik
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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 21:12
JOUR DE NEIGE

JOUR DE NEIGE

DELPHINECHEDRU

Editions Autrement

album

dès 3ans

Un très bel album qui joue sur quelques éléments simples qui font langage : Sur la couverture, des troncs d'arbre, des traces de pas, un oiseau...

Dans la forêt bleue apparaît d'abord un unique flocon qui se multiplie à l'infini à la page suivante jusqu 'à recouvrir toute la double page et cacher presque les arbres... il n'y a plus que quelques rares flocons mais la terre au pied des troncs sombres est devenue toute blanche, et au creux des branches aussi le blanc se blottit, alors apparaît une suite de trace tandis qu'au fond de l'image disparaît un sanglier. D'autres traces apparaissent, et sur une branche, un oiseau, deux oiseaux et des silhouettes à moitié dissimulées derrière les troncs. La forêt se peuple, silhouettes -lapin, ours, cerfs, traces de pattes ou de pas de toutes sortes, oiseaux... Jusqu'à une petite maison dont la fenêtre éclairée se reflète dans la neige pleine de traces. Quelle douceur, quelle chaleur, quel plaisir dans la lumière de la lampe où lit une petite fille qu'entourent tous les animaux de la forêt !

Reconnaître les traces des différents animaux, n'est-ce pas déjà apprendre la meilleure part de la lecture – celle qui remonte de l'absence à la présence.

40 pages quadri cartonné 200x190 relié 13€95

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 20:52
Rapt à Bamako, c'est fini !

Le tournage est terminé. Le montage va pouvoir commencer, l'équipe s'est dispersée, vous pouvez retrouver Cheik Omar dans le dernier numéro du Point (en p 128). J'espère que c'est le signe d'une diffusion future du film en France!

A Paris l'hiver est sec et beau, Les ginckos bilobas élèvent une haute flamme jaune d'or et la répandent en un tapis flamboyant à leur pied.

La revue Griffon a fêté sa disparition lundi dernier au Salon du livre jeunesse de Montreuil. Cette riche revue a longtemps aidé bibliothécaires, parents, professeurs et jeunes lecteurs à faire leur choix. C'est fini. Jean Bigot allège son dos fatigué du lourd fardeau du fonctionnement de la revue, personne n'en reprendra la charge. D'autres revues, différentes, naîtront... En attendant je confierai à ce blog quelles courtes critiques écrites pour eux et que je regretterais de garder pour moi !

A suivre donc !

N'oubliez pas de vous abonner pour être informé de chaque nouvelle rubrique!

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 19:28
Entretien avec Cheik Omar Sissoko

Avant de quitter le tournage, j'ai demandé à Cheik Omar de bien vouloir répondre à une ou deux questions.

- Pourquoi avoir choisi ce roman ?

- Pour dénoncer l'existence d'une classe politique sans âme, évoquer le problème des sacrifices, toujours évacué, aborder la question de la muticulturalité et le rapport entre les générations.

Ce qui est très intéressant dans ce roman c'est qu'il met en scène une grande famille malienne dont une partie est devenue sénégalaise, une autre française. On voit aussi fonctionner trois générations, celle de la grand-mère, héritière de la colonisation, celle du Candidat, et cette nouvelle génération.

Je me suis intéressé à la dimension humaine de ces questions, incarnés ici par des enfants pour qui une vie humaine a plus de valeur que les enjeux de pouvoir. La dimension politique est en arrière plan, derrière la dimension humaine.

- Vous n'aviez pas tourné depuis plus de dix ans, pourquoi ?

J'avais d'autres priorités. J'ai pris des responsabilités politiques pendant cinq ans au gouvernement. C'est la politique qui m'a conduit au cinéma et non le contraire. En tant que président du SADI, (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l'Indépendance) je me suis consacré à ce parti qui a besoin de se développer.

Par ailleurs je voulais aussi saisir les dimensions du numérique avant de me lancer dans le tournage d'un nouveau film.

Depuis 1960, le cinéma malien a déjà produit quelques chefs- d'oeuvre :

- Baara et Finyè de Souleymane Cissé (1979 et 1983)
- Guimba de Cheick Oumar Sissoko (1995).
- Ta Dona (Au feu !) de Adama Drabo (1991)
- Taafé Fanga de Adama Drabo (1997)
- La génèse de Cheick Oumar Sissoko (1999)
- Yeelen (La Lumière),de Souleymane Cissé (1987)
- Taafé Fanga de Adama Drabo (1997)
- Guimba (« Le Tyran ») de Cheick Oumar Sissoko (1995)
- Cinq jours d’une vie en 1971 de Souleymane Cissé
- Finyè de Souleymane Cissé (1983)
- Guimba (« Le Tyran ») de Cheick Oumar Sissoko (1995)

primés au FESPACO à Ouagadougou, dans les festivals de Carthage, Cannes, Lugarno ou Milan

Faisons confiance à Cheik Omar pour ce nouveau film!

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 10:06
Retour à Paris

Retour à Paris sous la pluie et la grisaille comme il se doit...

Le retour est morose, tout le monde est occupé, préoccupé, fatigué...Seul mon chat semble vraiment heureux de me revoir ! Le voyage a été long depuis que Sidiki m'a laissée à l'aéroport de Bamako dans lequel quelques jours plus tôt je jouais les figurantes. Attente, contrôle, vol, contrôle, attente, attente, contrôle, vol et puis le bus, le RER, le bus encore les quatre étages sans ascenseur...

Je me sens orpheline de l'équipe qui m'a si chaleureusement entourée durant tout mon séjour.

Le soleil se lève le lendemain matin, bien sûr ce n'est pas la même chaleur mais c'est le soleil, le plaisir d'entendre des voix amies, de prévoir des rencontres, d'aller chercher mon petit-fils à l'école, d'accueillir la famille. Sans oublier bien sûr ceux que je viens de' quitter et qui continuent.

Je n'ai pas pris de photos depuis mon retour, mais j'en ai une belle collection des derniers jours durant lesquels je n'ai pas pu tenir ce blog devenu inaccessible.

DERNIERS JOURS A BAMAKO

Petit retour en arrière, donc.

Nous avons dû quitter Kabala dès jeudi soir, et la vie communautaire que nous y menions.

Heureusement, Fanny qui m'avait invitée à venir chez elle pour profiter de notre vendredi de repos en ville m'a accueillie avec ma valise pour ces derniers jours, que j'ai donc passés entre sa maison et son auberge. Quel bonheur d'avoir un jardin à arroser! De se lever à l'heure des petits balais, qui font sur l'argile sableux un bruit doux qui se répète devant chaque porte, dans la fraîcheur rose du matin.

De s'installer sur ce lit que vous voyez ci-dessus pour lire ses messages.

Je profite donc de ce vendredi pour retourner au marché N'golonina faire mes dernières emplettes pour les amies en France, et puis je vais au CCF où j'admire une étonnante exposition de Sadikou Oukpedjo, artiste congolais

Retour à Paris
Retour à ParisRetour à Paris
Retour à Paris

Admirer Bamako du haut de l'ancien ministère de la culture

Retour à Paris

Aller déjeuner au bistrot le Bafing , dans une rue tranquille du quartier du fleuve,

Un endroit rare, me dira Fanny, spacieux et aéré, joliment décoré, service aimable et rapide, brochettes délicieuses et bon marché...

Retour à ParisRetour à Paris

Et que dire de la gentillesse du patron Ibrahim, artiste lui aussi qui m'offre un des pagnes qui couvrent les tables. Je les trouvais si jolis que je voulais en acheter un, il me l'offre et y ajoute un bazin superbe

Retour à ParisRetour à Paris
Retour à Paris

Retour à l'auberge Djamila après ce déjeuner tardif.

Le soir diner très nocturne avec Fanny et des amies à elle dans une rue éclairées de néons bleus qui font de la rue entière une sorte de boite de nuit comme il y en a semble-t-il plusieurs.

Ou bien est-ce la veille que nous avons dîné ensemble... peu importe !

Reprise du tournage

Scène difficile pour Dominique (alias Fanny) qu'on retrouve ligotée et bâillonnée dans le coffre d'une Mercedes noire.

La scène se passe près de la gare (coucou Sophie, tu te souviens de la gare de Bamako lors de notre premier voyage en 1987. Nous y arrivions de Dakar après 40h de train.) à midi en pleine chaleur... je vous laisse deviner le stress pour elle!

Retour à Paris
Retour à ParisRetour à Paris

Il faut emmêler ses beaux cheveux.

La voilà prête

Retour à ParisRetour à Paris
Retour à Paris

tandis que je me prélasse sur la moto d'un comédien et que les techniciens ajustent la caméra

Retour à ParisRetour à Paris

L'après midi nous filons ailleurs et je découvre les quartiers nantis, cité administrative et autres constructions ambitieuses, pas toujours occupées d'ailleurs, qui dessinent une ville presque imaginaire, déserte et irréelle, dont j'attrape les silhouettes à travers la vitre du Toyota.

Les bords du Niger eux-mêmes sont méconnaissables.

Retour à ParisRetour à ParisRetour à Paris
Retour à ParisRetour à Paris
Retour à Paris

Le lendemain matin, je reste à traîner dans le jardin de l'auberge où je saisis non sans mal un de ces minuscules oiseaux rouges, et un autre moins coloré et aussi minuscule.

Retour à Paris

Je traverse le Pont des Martyrs en Sotrama et rejoint le CNCM à pied, très contente de m'y retrouver désormais assez dans la ville pour le faire!

J'attends le retour de l'équipe, occasion de faire connaissance avec Becaye, l'archiviste du CNCM, et la salle des archives (qui me paraît glaciale, conservation des pellicules oblige) Un projet de numérisation de ces archives - dont les plus anciennes datent de 1960, indépendance du Mali - est en cours mais la chose est coûteuse et délicate.

Retour à ParisRetour à Paris
Retour à ParisRetour à Paris

J'ai le temps de faire la connaissance d'Assane Koné, journaliste au journal Le Républicain, et créateur d'un excellent journal en ligne (je suis allée voir depuis)

avant que l'équipe revienne déjeuner ici.

L'après midi est courte car ils sont rentrés tard et le soleil baisse dès 17h30, on ne fera donc plus que quelques plans de rue.

Lundi

Dernier jour, j'arrive au CNCM avant sept heures pour prendre le petit déjeuner avec l'équipe et ne pas manquer un instant de cette dernière journée.

Nous partons rapidement pour la maison du marabout... Je cueille au passage deux vues du fleuve

Retour à ParisRetour à Paris

Nous arrivons dans la cour du géomancien où se fabrique labière de mil dans ce gros foyer de pierre où brûle un feu incessant...

Retour à Paris
Retour à ParisRetour à Paris

Notre réalisateur, magnifique dans son ensemble aux couleurs de soleil et de terre, s'imprègne des lieux, calcule la lumière, ajuste le geste...

Retour à Paris

Fatou, la belle sénégalaise, alias Viviane Mina Sidibé et Rokhia l'Albinos alias Assetou Diallo, sa fille dans le film, son prêtes. L'équipe technique se prépare aussi.

Gounanda mon élégante scripte toujours en pleine concentration

et Pinda au grand coeur qui recouvre de son grand rire de secrètes profondeurs.

Retour à ParisRetour à Paris
Retour à Paris
Retour à ParisRetour à Paris
Retour à Paris

Et voici le géomancien, le féticheur, le grand marabout lui-même, en grande tenue, et qui joue son propre rôle...

Retour à Paris

Tout en haut au milieu des feuillages, c'est le perchiste, que j'adore, et qui fut autrefois le petit garçon de Nyamanton.

Retour à Paris

je fermerai cette belle séquence baimakoise sur un portrait du candidat Mustaph Traoré, alias Hamadan Kassongué dont les clairs yeux dorés ont des transparences magiques!

Merci à ceux qui m'ont accompagnées tout au long de cette aventure qui continue sans moins et dont on verra le résultat l'année prochaine sur les écrans parisiens, à Cannes peut-être et à Ouagadougou pour le Fespaco 2015.

Longue vie à Rapt à Bamako

et merci à tous pour l'aventure partagée.

mais j'allais oublier de mettre sur le blog cette photo de l'auteur, l'oeil dans le viseur de la caméra.

Mise en scène du réalisateur, bien sûr. Jamais je n'aurais voulu gêné ainsi le travail du cameraman!

Retour à ParisRetour à Paris
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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 15:38
Dernier jour à Kabala

Lever de soleil du haut de la terrasse... la photo joue les cartes postales, la réalité est plus subtile...

Comme tous les jours, l'équipe s'active. On vérifie les branchements, son, on installe la caméra, le soleil est encore doux et Cheik Omar et son staff ne le fuit pas en vérifiant l'organisation des plans du jour...

Gros plan sur Fatou qui veille sur moi comme une mère!

Dernier jour à KabalaDernier jour à Kabala

Problème. Une Mercedes noir a été louée pour la journée. Elle arrive mais elle est ... bleue! Impossible de la faire passer pour un véhicule officiel! Pourtant confirmation a bien été donnée hier soir de la mise à disposition d'une Mercedes noir ( c'est celle pseudo ministre de Malaisie ... vous comprendrez quand vous verrez le film)

Bref, impossible de tourner... coup de fil, attente... Enfin la Mercedes noire arrive!

Encore un peu de temps, et tout le monde s'en va - nous restons quelques uns inutiles sur le tournage qui a lieu à un carrefour en plein soleil - nous sommes bien mieux ici sous notre arbre à étages.

Je fais un petit tour du côté de la cuisine. Le riz cuit à la vapeur sur le feu de bois

Dernier jour à Kabala
Dernier jour à Kabala
Dernier jour à Kabala
Dernier jour à Kabala

La nouvelle vient de tomber, simple rumeur peu à peu confirmée : nous devons quitter les lieux ce soir, pas seulement pour le jour de repos mais définitivement... Fanny m'a invitée à passer la nuit chez elle pour profiter de mon vendredi en ville, mais je suis là encore jusqu'à lundi...

Bon, on verra... la chaleur monte.

Pinda et Kandouria parlent du président qui après avoir vendu les cinémas aux commerçants voulait aussi vendre l'INA, Institut National des Arts... Résistance, pétition. Pinda - maquilleuse sur le plateau, la seule maquilleuse malienne! comédienne et aspirante réalisatrice proteste contre les anciens du CNCM qui ne forment pas les jeunes, ne veulent pas les laisser accéder au statut de réalisateur.

Cheik Omar seul échappe aux critiques. Il est unanimement respecté, il est le seul à aider soutenir payer correctement ceux qui travaillent avec lui.

Je suspends ma lecture (je viens de replonger dans un vieux Fred Vargas Dans un lieu incertain avec un inusable plaisir) pour les écouter car exceptionnellement la discussion se déroulent en français, à mon usage donc!

Vers 13h (heure locale 14h à Paris) retour de l'équipe.

"Tu viens manger" m'invite Fatou... je quitte mon arbre.

Mais quand vais-je pouvoir faire un petit entretien avec Cheik Omar si nous quittons Kabala ? Je lui en avais parlé ce matin et bien sûr il avait dit oui, je pensais le faire au petit soir après la journée de travail...

Il me confirme que nous quittons les lieux ce soir, et décision est prise avec le producteur, de me laisser chez Fanny pour ces trois dernières nuits.

Ce sera plus compliqué pour rejoindre le tournage mais plus simple pour me balader en ville.

Et je ne vais pas me plaindre d'être accueilli dans ce lieu de rêve...

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 10:07
Vue de haut

Si le petit soir est plein de douceur, le petit matin l'est tout autant, frais comme un bouton de rose, il doit faire 20 degrès, 18 peut-être... C'est l'heure exquise !

Une heure plus tard, la journée a commencé déjà, le soleil est monté, les techniciens s'affairent. Je chosisis ce matin de voir les choses d'un peu plus haut : De la terrasse, on découvre le fleuve. Au-delà de notre domaine, le centre sportif de Kabala, un petit hameau, pécheurs ? ou plutôt ouvriers ramassant le sable que les lourds camions viennent chercher, défonçant le chemin qui mène au goudron.

Une bien belle vue.

En bas les techniciens s'activent tandis que je me prélasse sur la terrasse, admirant l'étendue de notre domaine!

Vue de hautVue de hautVue de haut
Vue de hautVue de haut
Vue de hautVue de haut

Redescendons au niveau des simples humains et de leurs machines!

Vue de hautVue de haut
Vue de haut

Vite vite on maquille les comédiens et l'équipe part dans deux ou trois voitures.

Pas de place pour moi ce matin, je reste avec quelques techniciens, la pauvre Sarah n'est pas non plus de la partie et elle traîne son ennui de l'un à l'autre.

Je pars faire un tour jusqu'au goudron, il est dix heures et le soleil commence à taper mais un léger vent rend la chaleur moins pesante, et je me lance !

le portail que je voulais prendre est fermé par un cadenas... j'ai la flemme de faire tout le tour, j'enjambe la grille... et me voilà partie!

Les photos suivantes sont donc des vues de la vie quotidienne dans ce quartier un peu excentré. La banlieue en quelque sorte.

maisons en construction

Vue de haut
Vue de haut

pastèques

Vue de haut

fabrication de banco

Vue de haut

remplissage de citerne

Vue de haut

chèvres et travaux des champs

Vue de haut

le berger marche derrière ses bêtes, son bâton sur les épaules

J'ai acheté un savon et bu un grand café au lait avant de prendre le chemin du retour. J'ai quand même un peu chaud et je me change en arrivant.

Sous l'arbre à étages (faussement qualifié de manguier dans une chronique précédente) se tiennent les buveurs de thé.

Sediki est vraiment magnifique!

Et aussi Kandioura. Il a déjà redonné à mon sac une jeunesse et il transforme maintenant un tee shirt aux emmanchures trop larges de son aiguille magique.

Vue de haut
Vue de hautVue de haut

Je reste un moment avec eux puis retourne dans le hall où je peux connecter mes appareils. Arrive Massere Sissoko le fils de Cheik Omar.

Lui travaille dans le son, cinéma un peu mais surtout musique. Un jour peut-être il réalisera un film lui aussi ?

Sarah nous prend en photo ensemble

Vue de hautVue de haut
Vue de haut
Vue de haut

C'est l'heure du déjeuner, l'équipe n'est pas rentrée, nous allons manger et ils arrivent un peu plus tardpour un second service. Courte pause avant de repartir pour le palais du candidat, alias la maison d'Assiatou où j'ai diner hier soir...

Cette fois nous partons tous.

La préparation du salon est longue. Il fat réinstaller le décor, poser les rails du travelling, s'assurer que tous les figurants sont raccord... je m'installe sur une table dans le jardin

Je suis de loin les préparatifs tout en lisant la correspondance de Flaubert pendant son voyage en Egypte. Son enthousiasme pictural pour les couleurs de l'Orient, pour les façons d'être différentes de celle de la bourgeoisie de son temps fait écho au mien.

Enfin à 15h30 tous les préparatifs sont finis, les répétitions peuvent commencer. Elles durent une demi-heure, et enfin vient le sacré "On tourne"

Les enfants entrent et sortent, entre et sortent...

Vue de hautVue de haut
Vue de haut

Rokia, l'Albinos, attend son tour.

La scène se joue dans le grand salon.

Vue de haut
Vue de haut

Au passage je photographie le reflet du jardin et le mien dans une fenêtr

mais entrons sur le plateau voulez-vous ?

Devant le moniteur, Cheik Omar, Fanta son assistante, en tee-shirt jaune Sali la jeune stagiaire à qui il expliquait son travail la semaine dernière, et cachée la fidèle scripte, ma copine, Kounandia.

Dans l'écran du moniteur Mustaph, le candidat

Et debout devant la toile noire du moniteur, les trois enfants...

Vue de haut
Vue de hautVue de haut

Terminons cette belle journée avec une dernière vue du jardin

Vue de haut
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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 11:46
Mardi à Kabala

Ce matin je commencerai par cette fleur fraîche éclose...contrepoint au branle-bas de combat qui secoue les couloirs.

Une dizaine de figurants enfilent leur uniforme de policiers, costume bleu-marine et bottes de sécurité. Je vide mon armoire (c'est vite fait) car on en a besoin pour le décor.

Je m'arrache même quelques cheveux (au sens propre!) pour qu'ils figurent sur l'oreiller du lit où a été séquestrée Dominique! Je suis la seule blonde du coin ce matin, ni Fanny, ni Rokhia l'albinos - alias Aissatou Diallo, ne sont là ce matin et Fanta me remercie d'abondance - et me promet avec un grand rire qu'elle ne s'en servira pas pour me marabouter!

D'ailleurs je profite que nous tournons à Kabala pour tenir mon journal en direct ce matin!

J'ai mon ordinateur, la wifi... et je ne suis plus le tournage pied à pied, je me contente de faire un tour à chaque plateau et à jeter un coup d'oeil sur le moniteur au moment des répétitions.

Je bavarde avec Sarah qui se propose comme photographe.

Mardi à Kabala

Elle me rapporte cette image des policiers et cette très belle photo des cuisinières

Mardi à Kabala
Mardi à Kabala

Elle s'ennuie un peu en attendant le moment de tourner

j'en profite pour faire d'elle un portrait.

Mardi à Kabala
Mardi à Kabala

mais au fait hier je ne vous ai pas présenté Fatou , la belle sénégalaise, mère de Rokhia - alias Viviane Sidibé

et ci-dessous divers figurants dont je n'ai pas eu le temps de relever les noms

Mardi à Kabala
Mardi à KabalaMardi à Kabala

et voici Mah - alias Hélène Maïmouna Diarra, qui en plus d'être comédienne travaille à l'ORTM et s'occupe bénévolement d'(un orphelinat (pour lequel elle recueille tout jouet vêtements etc... - son tel, au cas où : 0022366723099)

Mardi à KabalaMardi à Kabala
Mardi à Kabala

les uns prennent le thé tranquillement sous le manguier

tandis que les autres travaillent !

Mardi à Kabala
Mardi à KabalaMardi à Kabala
Mardi à Kabala

Après le déjeuner je me laisse aller à... une petite sieste!

Quand je me lève le travail a déjà repris. Les portes claquent. En fait, on enregistre du son pur et presque tout le monde est éparpillé sous les arbres en attendant la séquence suivante. Beaucoup de plaisanterie, on raconte des histoires, on se taquine...

Amy qui part demain à Paris (et chez qui nous tournions hier) m'invite à venir diner chez elle. Je partirai avec elle tout à l'heure et elle me ramenera pour la nuit. Elle n'est pas très loin d'ici, un quart d'heure de voiture à peine.

Elle habite avec son mari ce véritable palais dont je vous ai déjà parlé. Son mari a une histoire extraordinaire : de mère vietnamienne, il a quitté son pays d'origine en 54 avec son père (soudanais c'est à dire français par colonisation) son frère et sa soeur tandis que sa mère restait coincée au Vietnam. Il l'a retrouvée quarante ans plus tard grâce à une cousine réfugiée en Amérique, Après de nombreuses démarches il a pu la faire venir au Mali. Elle est retournée au Vietnam auprès de ses autres enfants, mais elle revient de temps en temps voir ses enfants retrouvés et son fils va tous les ans la voir au Vietnam... Ce palais qu'on leur envie, Aïssata et son mari l'ont construit ensemble, m'explique-t-elle...

Ainsi bavardant le temps passe

Je vous présente l'inspecteur Frankie, beaucoup moins ridicule dans le film que dans notre roman.

Mardi à Kabala

Il est clair que le film qui est en train de se tourner est un film de Cheik Omar Sissoko, et que les personnages lui appartiennent, bien différents de ceux que j'avais quant à moi imaginés!

Et ce film, il le tourne avec une exigence sans faille.

Après les prises de son, c'est le débarquement des policiers dans des voitures sur lesquels Ouat à coller avec soin POLICE en scotch noir.

Les comédiens attendent leur tour, qui ne vient pas... l'après midi s'écoule sans qu'ils aient tourné. Cheik Omar ne laisse rien passer, tant qu'il n'a pas mis en boite exactement ce qu'il voulait, il recommence, sans se soucier du planning. Et tout le monde sait que le film qui sortira sera parfait... mais le temps paraît long!

Mardi à Kabala
Mardi à Kabala
Mardi à Kabala

Les policiers reviennent à pied, ça y est, c'est fini mais il est presque six heures... la lumière aussi c'est fini.

Je pars avec Ami.

Je photographie encore sa fille, la petite princesse à qui je fais réciter ses leçons - j'apprends que les animaux se déplacent pour trouver un partenaire et se reproduire

Et qu'une ère est une période de temps déterminés par un évènement - l'ère chrétienne par la naissance du Christ, l'ère musulmane en 622 par ... par quoi déjà, la naissance de Mohammed ou l'hégire?

Je vous quitte sur son image...

Mardi à Kabala
Mardi à KabalaMardi à Kabala
Mardi à Kabala
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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 10:00
L'après midi chez Assiata

Ce matin, j'ai envie de commencer mon blog par cette image paisible du fleuve - prise au vol hier en revenant du CICB - avant de reprendre le récit du tournage...

D'abord je vous présente Modibo, notre producteur, à qui je dois d'être aussi bien reçue, et Yaya, comédien, assistant, homme à tout faire - Yaya aurait bien voulu me racheter mon ordinateur mais après moult hésitations j'ai refusé de prendre le risque. Trop d'informations précieuses à l'intérieur, que je risque de perdre en les transférant sur quoi ? une série de CD... et lui vebdre un ordinateur d'occase au prix du neuf (car il faudrait que je m'en rachète un aussitôt arrivée à Paris... il l'a bien compris d'ailleurs.

L'après midi chez AssiataL'après midi chez Assiata

Et puis voici les enfants - Malik - alias Amadou Ouane et Sarah, - alias Sanata Traoré, qui répètent leur prochaine scène

L'après midi chez Assiata

et deux jolis portraits de Malik (alias Amadou Ouane)

L'après midi chez AssiataL'après midi chez Assiata
L'après midi chez Assiata

Et voici le ministre des affaires occultes, dit aussi l'Eléphant, alias Nouhoum Cissé

et Mariama, l'une de nos adorables cuisinières!

L'après midi chez AssiataL'après midi chez Assiata

Après le déjeuner tandis que se mettent en place comédiens et figurants, je bavarde avec Malik Kamiman, comédien mais également écrivain bien qu'il n'ait pas encore publié, et chercheur.Il enquête sur ce qu'il appelle les territoires abandonnés par l'Etat, livrés à des "gourous", des cheiks autoproclamés, chefs de secte, dit-il, entourés de leurs talibés, leurs étudiants qui font la loi dans leur région. Il dénonce la perte de l'ethnie au bénéfice d'un de ces cheiks local qui gère toute la vie sociale et religieuse d'une communauté et transmet son autorité à son fils.

Dans le salon de Mustapha (en réalité celui d'Assiatou) tout est prêt, on répète, on va tourner. Je m'esquive au moment du tournage pour ne pas risquer de perturber la prise par ma toux comme cela m'est arrivé une fois dans les premiers jours. Désormais je ne reste plus au risque de me trouver prise d'une quinte, coincée dans une pièce close. Je m'esquive avant le "ça tourne" et ne revient qu'après le "coupez" mais j'ai suivi la mise en place du cadre et les répétitions dans le moniteur, et en vrai!

Bien installée à l'ombre d'un grand manguier, je vois les jeunes acteurs disparaître dans la salle à chaque "Action", puis revenir sur la terrasse, et encore et encore, jusqu'à ce que ce soit parfait et que Cheik Omar dise "C'est bon".

A 16h la scène est en boite. Tout le monde sort, on dirait une bouteille d'eau gazeuse brusquement ouverte ! Les techniciens s'empressent de mettre en scène le plateau suivant, on tourne à la lumière naturelle et dans moins de deux heures ce sera fini alors vite, vite, il faut préparer. Les comédiens s'ébrouent, les techniciens s'activent, moi seule paresse dans mon fauteuil... enfin pas tout à fait seule, il y a les cuisinières, la régisseuse, les hommes qui font le thé...

A 18h il faut plier, il reste une scène à tourner mais c'est trop tard. Demain Mustaph. ne sera pas là, mercredi c'est Ami qui s'en va, alors quand pourra-t-on tourner cette dernière scène ? Tous les figurants seront-ils bien raccord ??

La nuit est tombée quand nous arrivons à Kabala après avoir déposé deux comédiens.

C'est l'heure de la douche, l'heure de charger les photos, de faire le blog...

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 20:26

La mort de Ghislaine et Claude, les deux journalistes de RFI a vraiment boulversé tout le monde ici. Depuis hier soir, chacun vient m'exprimer sa tristesse. "Je n'ai pas dormi de la nuit", me dit Fanta. Tous étaient familiers de la voix de Ghislaine sur RFI. "C'est comme si j'avais perdu ma grande soeur", me dit un autre.

Ce matin, départ à 6h30 de Bagala. L'air est délicieusement frais.

Sur RFI, on revient en boucle sur l’évènement Une manifestation silencieuse est prévue cet après midi par les journalistes bamakois.

Nous tournons dans les encombrements pour récupérer les comédiens et aller au CICB où doivent être tournées les prochaines scènes. Enfin nous arrivons, deux bonnes heures plus tard.

Le lieu est majestueux, décoré de grandes statues animalières

Mais à peine arrivés, nous apprenons qu'il faut repartir car il est impossible de tourner ici ce matin pour des raisons de sécurité : Bhan Kimoun le secrétaire des Etats-Unis et madame Zouma, présidente de l'Union Africaine sont attendus pour une conférence suite aux assassinats de Kidal.

Il n'y a plus qu'à repartir. Les scènes prévues pour ce matin ne pourront pas être tournées avant le 10 novembre semble-t-il.

On arrive une heure plus tard chez Ami, alias Genova, alias Aïssata, la belle au boubou jaune. Le rendez-vous avec les figurants pour la prochaine scène est fixé à 13h, il faut donc les attendre. Encore une demi-journée de perdue sur un tournage de 7 semaines...

Vers 11h, le petit déjeuner qui s'était égaré entre Kabala, le CICB et la maison d'Aïssata arrive enfin. Il est le bienvenu!

Les techniciens préparent le plateau. Il faut transformer le salon pour y accueillir les invités du candidat, aménager la lumière.

Je profite de ce temps libre pour lire le scénario que m'a confié Pinda Diakaté, maquillage sur le tournage, mais aussi comédienne et technicienne du cinéma. Si je savais..Le propos avoué du film est de sensibiliser la population au risque du sida mais aussi de le rassurer pour l'aider à en affronter l'existence : en se soignant on peut vivre avec le sida et donner vie à un enfant seronégatif.

L'histoire met en scène deux épouses, l'une sérieuse et généreuse, l'autre dévoyée. La fin laisse penser que l'enfant seronégatif, adopté de grand coeur par la première épouse en même temps que sa mère fera de cette dernière une épouse aussi sérieuse que la première, et un mari heureux entre ses deux femmes.

J'espère qu'elle obtiendra l'aide financière demandée!

ci-contre Pinda et son petit amoureux!

Aïssata me fait visiter son étable

Dans la grande salle,on continue à préparer le plateau. Les comédiens se sont posés ici et là.

Cheik Omar travaille sur le scénario, avec Fanta. Sarah s'est cachée sous le grand chapeau de Fanta, De dos, Ibrahim prépare lui aussi sa prochaine scène.

La chaleur commence à monter. Il est midi. Le mari d'Aissata m'apporte un café, un vrai, un expresso maison. Puis c'est Sidiki qui m'apporte un thé, bien serré lui aussi.

Je suis délicieusement bien sur cette terrasse... J'entends dans mon dos les voix des techniciens qui organisent le décor du salon.

La chaleur commence à monter. Il est midi. Le mari d'Aissata m'apporte un café, un vrai, un expresso maison. Puis c'est Sidiki qui m'apporte un thé, bien serré lui aussi.

Le déjeuner suit de près le petit déjeuner....

mais je vous raconterai la suite plus tard. Pour ce soir il est trop tard, tout le monde est couché... je vais en faire autant

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Published by marie-flo
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