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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 18:36
Dimanche à Kabala

Hier soir juste avant de quitter Fanny, nous avons appris la nouvelle de la mort de la journaliste de RFI et de son technicien. Elle était bouleversée, et tous ceux que j'ai croisé depuis partagent sa tristesse et son accablement.

Ce matin, nouvelles scènes à l'aéroport

Je prends ma journée pour mettre à jour mon blog. C'est fait.

Pour finir, je vais donc vous présenter les lieux

Ma chambre

Dimanche à Kabala

ce que l'on voit par la fenêtre (à travers la moustiquaire)

et ce que l'on entend... Ah je n'arrive pas à récupérer ma vidéo, le format ne passe pas - Si quelqu'un sait comment faire et peut m'expliquer...

Tant pis je me contenterai de vous envoyer une dernière image

Dimanche à Kabala

et pour finir la journée, le soir tombe et l'équipe ne va pas tarder à rentrer...

une dernière série de portraits

Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala
Dimanche à Kabala

le soleil s'est couché pendant que je chargeais les images

Que la terre soit légère aux morts de Kidal.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 15:52
Auberge Djamila (chez Fanny)

Je suis conquise à peine la porte ouverte, et le serai de plus en plus profondément en écoutant Fanny parler avec passion de ce pays, de son équipe, de l'esprit de convivialité et de respect dans lequel elle a créé son auberge.

Chaque objet est choisi avec soin, avec amour. Ils mettent tous la main à la pâte, Fanny en tête, se font plombier, électricien. Elle fait travailler le forgeron du coin, le potier... Elle conçoit ses tables de verre et de fer dans lesquelles elle encadre un morceau de pagne. Elle recycle en lavabo les seaux de plastique bariolés. Tout est propre, et beau jusqu'au moindre détail du verrou de bambou qui "dit" libre ou occupé suivant sa position...

Trois chiens hantent les lieux, un grand blanc, un vieux noir et un long roux, elle vient de recueillir aussi un chaton (je n'ai pas vu un seul chat depuis mon arrivée) elle a eu tortue, lapin... seuls les moustiques sont malvenus dans son petit paradis.

Auberge Djamila (chez Fanny)Auberge Djamila (chez Fanny)
Auberge Djamila (chez Fanny)
Auberge Djamila (chez Fanny)Auberge Djamila (chez Fanny)Auberge Djamila (chez Fanny)

Je laisse passer l'heure chaude avant de repartir à l'assaut du marché des artisans. Grâce au plan que j'ai dessiné ce matin avec Ibrahim - alias Amadou - je me situe un peu mieux qu'hier.

Je dois donc traverser le fleuve, 800 m de pont environ où se tressent, s'entremêlent,se conjuguent, se déchirent splendeur et misère, beauté et saleté... Il y a toujours autant de circulation malgré les deux nouveaux ponts, celui de la paix et celui des Chinois, dit le pont de l'Amitié. Au sortir du chemin, je prends un taxi pour rejoindre le marché N'gdonina et le carré où les artisans guettent les rares touristes... Boucles d'oreille, perles, bijoux, foulards, portefeuille, statuettes de bronze, masques... J'achèterai volontiers la moitié des marchandises exposées. Le tourisme a beaucoup diminué depuis le coup d'état et je suppose que la vie est dure pour ces petits commerçants... Je pars avec une très jolie statuette pour mon amie Ariane. Elle pourra la mettre sur son bureau au Centre où elle accueille ces mamans en difficulté qu'elle s'entend si bien à réconforter.

Auberge Djamila (chez Fanny)Auberge Djamila (chez Fanny)Auberge Djamila (chez Fanny)
Auberge Djamila (chez Fanny)

je reviens à pied dans la douceur du "petit soir" (entre 17 et 19h)

Douceur toute relative car en l'absence de vrais trottoirs il y a péril à circuler à pied le long du goudron. Une chèvre égarée bêle en vain au bord de la route. Nul ne semble s'en préoccuper et la bête errante se retrouve sur le terre plein central. Elle va finir par se faire renverser et provoquer un accident...

A cette heure les voitures roulent moins vite que moi et j'en profite pour prendre quelques photos...

mais décidément l'espace n'est pas conçu pour les piétons. Un motocycliste me prend en pitié et m'invite à traverser le pont à l'arrière de sa mobylette. Je ne suis pas rassurée, d'autant que les pots d'échappement brûlants passent au ras de mes mollets, que la voie qu'il emprunte est étroite irrégulière et pleine d'ornières... et qu'il ne cesse de se retourner à moitié pour me parler malgré la cohue ambiante ! Nous arrivons cependant à bon port mais je préfère continuer à pied. Je ne vois pas le fleuve mais je le devine à ma droite. L'atmosphère retrouve sa sérénité.

Un âne broute tranquillement.

Auberge Djamila (chez Fanny)

J'arrive à l'auberge à la nuit tombante.

Quel meilleur endroit pour attendre que Modibo vienne me chercher ?

Avant de rentrer nous passons dans une cour où Modibo a quelque affaire. Il y a une coupure d'électricité. On m'a avancé une chaise. Assise dans le noir, j'attends. Autour de moi des hommes et des femmes sont assis également. Ils échangent quelques mots et se taisent.

Nous repartons dans le noir.

Quand nous arrivons à Kabala, l'électricité n'est pas coupée. Tout le monde a déjà disparu dans sa chambre. La cuisinière me sert une assiette de spaghetti sauce un peu froides mais délicieuses. J'ai l'impression agréable de "rentrer à la maison"

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 13:18

Dès 7h du matin, Kounandi et moi sommes postées sur le bord du goudron en attendant que passe une des voitures de l'équipe qui nous récupère. Elle n'habite pas très loin de la route de l'aéroport aussi avons dormi chez elle vendredi soir pour être à pied d'oeuvre ce samedi matin. Il fait encore très doux. Le chemin entre les carrés est agréable. Le jour a déjà commencé pour tout le monde, enfants, femmes, hommes... Le gardien de la banque nous a sorti un banc pour que nous puissions attendre confortablement.

Le soleil monte lentement.

Passent des voitures, des mobylettes, des camionnettes, des Sotramas bien sûr... vous voulez voir à quoi ressemble un Sotrama ?

Et bien c'est ça...

Toutes les autorisations de tourner et de pénétrer dans les zones de sécurité ont été données

A l'aéroport
A l'aéroport

Donc nous arrivons vers 8h à l'aéroport. D'abord, petit déjeuner sous les arbres car nous sommes parties à jeun ce matin. Les acteurs se préparent, je fais la connaissance de Fanny, alias Dominique, dont je reparlerai plus longuement tout à l'heure.

A l'aéroport

Toutes autorisations ont été données pour pénétrer dans l'aéroport, tourner dans les "zones interdites".

Il faut se dépêcher pour être prêt à l'arrivée du prochain avion. Malik s'habille mais sa tenue ne convient pas. Il a maigri depuis le début du tournage et dans ce tee-shirt noir cela se voit. "J'avais demandé un blouson! ", Cheik est fâché et il e dit. "Impossible de tourner comme ça, ce n'est pas raccord" "Je ne tourne pas!" conclut-il.

La maquilleuse imperturbable donne un teint sans défaut à nos deux vedettes, Amy et Dominique.

Le producteur passe des coups de fil. On rate l'avion.

Finalement on trouve un sweat à capuche qui fera l'affaire. Et on attend le prochain avions. Je suis embauchée pour fairr de la figuration dans la descete des passagers et la récupération des bagages. Quand vous verrez le film, vous pourrez donc me chercher (si la scène n'est pas coupée!)

Distribution d'eau. On n'en manque jamais la production est prévoyante et la régie fait passer régulièrement ces petits sachets de plastique qu'on vend partout dans les rues, à la fenêtre des voitures ou des Sotramas au milieu des marchés

En attendant je fais connaissance de Dominique- Fanny. Elle vient de Suisse et elle a monté une auberge (l'auberge Djamila) qu'elle m'invite à venir découvrir.

Avant de changer de séquence, une petite photo de moi bien encadrée!

A l'aéroport

Les hirondelles qui ont abandonné ma campagne depuis longtemps sont arrivées en Afrique et tournent en pépiant à petits cris aigus dans le grand hall de l'aéroport. Je ne me lasse pas de leur ballet.

Fanny me parle de la vie à Bamako, bien plus riche culturellement que je ne le pensais. De la musique, beaucoup, de la danse contemporaine, des petits cafés sympas, du cinéma au CCF (le grand cinéma qui faisait la gloire de la ville a malheureusement été vendu à des commerçants) des festivals, de la photo, de la sculpture...

Après le coup d'Etat elle a dû rentrer en Suisse et pendant un an, elle a travaillé pour envoyer de l'argent à son équipe qui faisait tourner l'auberge à minima, payer le loyer et les salaires ...Elle a bossé trois mois dans une usine de sushis 10°(je vous laisse imaginer l'uniforme, chaussures de protection veste matelassée, tablier épais gros gants bonnet masque...) puis elle a trouvé un emploi de serveuse. Avant de revenir au Mali, elle a fait une virée en Asie mais décidément c'est au Mali qu'elle se sent chez elle, avec une équipe sans qui dit-elle, elle ne serait rien. Et qui ne serait rien sans elle.

Le temps passe vite à bavarder, mais on commence quand même à avoir faim.

Un déjeuner va être apporté nous dit le producteur, et on reprend avec l'avion de 14h45... mais rien ne vient. "C'est fini pour aujourd'hui" annonce soudain Cheik Omar à Fanny. On reprend avec toi lundi 7h...

Sans attendre un repas qui n'arrive pas,(mais qui arrivera!) je repars avec Fanny pour découvrir son auberge sans plus attendre, prenant moi aussi ma liberté pour cet après midi.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 10:41
Vendredi, jour de repos, épuisant!

Toute l'équipe quitte jeudi soir, il n'y aura pas de cuisinière... ma copine Kounandy me propose de m'héberger pour la soirée, Alpha mon coauteur pourra venir me chercher chez elle demain matin... Je voudrais profiter de cette journée pour aller en ville car à Kabala nous sommes à 25kms environ du Pont des Martyrs, et même s'il y a des somatras pour y aller c'est très long...

Me voici donc partie avec Kounandy...

Une incise pour dire combien ma liseuse m'est précieuse depuis mon départ. Elle m'a tenue compagnie durant les longues heures de vol, de transit. Plongée dans un roman fleuve de madame de Staël, le temps m'a été léger, et le monde immense entre celui de Delphine et celui de Rapt à Bamako ! Le tout en 120 grammes!! Merci Marie, merci Emmanuel qui m'avaient incité à cet achat:

Retour au carré de Kounanda, dans le quartier de Kalaban Coura (il y a aussi Kalaban koro, le vieux Kalaban)

Alpha arrivé très tard dans la matinée. Kounadian est soucieuse de me savoir partie seule dans le centre.Elle cherche une nièce pour m'accompagner mais personne n'est disponible. Elle veut aussi me passer une puce pour mon téléphone mais il ne l'accepte pas. Je l'assure que tout ira bien et elle se décide à me laisser aller.

Nous partons pour le vieux marché à l'heure la plus chaude.

L'ai-je déjà dit : Rouler dans Bamako relève de l'exploit et du suicide. Traverser une rue pareillement.

Nous passons au Ministère de l'agriculture où Alpha a rendez-vous avec le chef de l'informatique. Ils se présentent ensemble aux élections législatives pour un poste de député. La campagne commence juste et Alpha est débordé. Il a commencé ses tournées , repart demain à 5h du matin... je les laisse dans le bureau frais, et me lance dans la fournaise.

C'est l'heure de la prière. Les commerçants se lavent les pieds et les bras. On patauge dans les flaques. Je circule entre des murs de chaussures, de tissus, de quincaillerie diverses.

Je trouve les tongs de mes rêves pour 1000FCFA. Je m'égare. Je transpie. Je tourne en rond.

Finalement je retrouve le ministère et Alpha m'emmène dans un petit restaurant du côté du fleuve où je mange deux brochettes avec une grande bière fraîche. Le bonheur!

Nous repartons vers le marché mais je me sens bien plus en forme après cette petite pause. Alpha fait quelques courses.. En l'attendant je vole quelques photos.

Vendredi, jour de repos, épuisant!
Vendredi, jour de repos, épuisant!
Vendredi, jour de repos, épuisant!

Nous partons pour Faladié.

Le Pont des Martyrs est toujours aussi embouteillé à cette heure, l'odeur des pots d'échappement qui plane sans cesse dans toute la ville dépasse tous les seuils de tolérance, s'y mêle le parfum souverain du fleuve.

Nous arrivons enfin chez Alpha après une bonne heure de route. Sa maison, inachevée, s'élève sur trois étages, avec à chaque étage une somptueuse terrase, plus la te toit en terrasse. Un épais jardin de palmiers, goyaviers enclot la maison et noie d'ombre le rez de chaussée, malheureusement la maison est au bord du goudron et la circulation est infernale.

Du haut du toit on voit une partie de cette immense agglomération qu'est devenue Bamako - près de 2 000 000 d'habitants alors qu'il y en avait 100 000 en 1960!

Elle est noyée jusqu'au bord des collines du nord dans une brume de pollution.

Nous pasons présenter nos salutations au voisin,monsieur Cissé, que j'avais déjà rencontré durant mon précédent séjour, et nous passons chez le blanchisseur -repasseur en réalité - où Alpha doit récupérer du linge.

Ci dessus le blanchisseur avec son fer à repasser à la mai, devant sa boutique.(il est un peu tard déjà et la lumière n'est pas très bonne, dommage!!

Vendredi, jour de repos, épuisant!

L'attente matinale, me marché en plein midi, la circulation pour aller d'un point à l'autre, je suis épuisée, la soirée me paraît longue.

Kounanda a une réunion pour présenter ses produits "anioniques"

J'ai moi-même expérimenté le produit dans de l'eau pour tenter (en vain pour l'instant) de venir à bout de ma toux (en plus j'ai oublié mon Inovair à Paris, mais ce n'est pas vraiment pire que d'habitude...)

Coupure de courant. La séance continue à la lampe de poche. (très convaincant la qualité de son produit par rapport aux serviettes hygiéniques "normales")

Enfin nous dinons. Le courant revient.

Je me couche sous ma moustiquaire qui donne à mon matelas l'air d'un lit à baldaquins.

La journée de repos est finie. Ouf!!

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 09:58

Ce matin une équipe réduite est partie tourner en ville et j'ai pu en profiter pour commencer ce blog. Je ne peux capter la wifi que dans le hall - où de profonds canapés assurent notre confort!

Autour de moi vont et viennent ceux qui ne tournent pas ce matin.

On déjeune vers 13h et le tournage reprend vers 14h

Il fait très chaud.

Je fais quelques portaits.

La belle Aiissata Bah dans son grand boubou jaune, qui joue Ami, ma mère de Malik

Jeudi matin
Jeudi matin

Son "mari" Issa, alias Mohammed Cissé

Jeudi matin

Le très beau Amadou Sangaré, qui jouait dans l'Antigone monté aux Bouffes du Nord

Jeudi matin

le même en grande tenue!

Jeudi matin

Entre deux plans dans la chaleur écrasante de l'après midi, cheik exprime sa colère. Même si le travail a repris, personne n'oublie la mort de la femme de Ouat.

"Je suis révolté, dit-il. Nous sommes des artistes il faut faire un film... Le CNCN en fournira les moyens, tout le monde travaillera gratuitement pour dénoncer ce scandale des mortes en couches, trop nombreuses dans cet hôpital". Chacun chacune a un récit, une histoire... "Il faut enquêter dit-il, trouver les photos, les noms, filmer chaque témoignage. On ne doit pas mourir en donnant la vie."

Je me souviens que déjà dans Nyamanton, en 1987, le film s'achevait par la mort d'une femme au moment de l'accouchement. Vingt-cinq ans plus tard, rien n'a changé.

Les techniciens installent le rails du travelling à venir. Un léger mouvement d'air caresse nos peaux brûlantes.

La maqulleuse me rattache les cheveux. Le jeune Malik lui envoie des baisers de loin. Séduit par les soins qu'elle lui prodigue généreusement, il est tombé en amour et se colle sur ses genoux à chaque occasion, se presse contre les formes généreuses de la jeune femme, par ailleurs grande comédienne, et femme de tempérament!

La tournage reprend.

En fin de journée, Cheik apostrophe toute l'équipe pour lancer le projet.de ce film de dénonciation que ferait Fanta..

Jeudi matin

Demain vendredi c'est jour de repos.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 09:17
la deux fois vivante

complément à la page d'hier :

Fanta - la deuxième assistante de Cheik - m'emmène voir le bébé survivant. Un ravissante petite fille endormie dans un pagne minuscule au milieu d'un grand lit.

La deux fois vivante.

Ce sont les mots qui me sont venus aux lèvres pour accueillir le nouveau-né sur cette terre de beauté et de peine.

Veuve depuis cinq mois, la tante de la toute petite se tient debout en retrait.

Je retourne à ma place. La cérémonie s'achève.

On serre la main de ses voisines. C'est la fin. Il est cinq heures. La chaleur est un tout petit moins accablante. Dans deux jours auront lieu les sacrifices pour le jeune morte.

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 10:29

Mardi 29 octobre

On l'apprend au réveil.

Cette nuit la femme du décorateur est morte en accouchant à l'hôpital.

Stupeur. Accablement général.

Tout est suspendu.

Plus question de tournage. Cheik Omar est déjà parti. Voir la famille sans doute.

Nous restons cloués.

Plus tard on apprend que le bébé a été sauvé. Une petite fille...

L'équipe est partie tandis que j'étais allée marcher au bord du fleuve, ne restent que Koudioura Coulibaly, le costumier,

Clémentine et moi.

Kandioura est un artiste connu internationalement. C'est lui qui a fait connaître et reconnaître le Bogolan.

Nous attendons des nouvelles.

. Il me parle du vent qui n'a pas de couleur mais qui existe. Vent, souffle, esprit, invisible mais agissant. Je lui parle des fleurs dont les mille couleurs font la beauté des jardins. Nous évoquons les fleurs, les fruits du jardin d'eden,, paradis à cultiver sur terre. La culture, dans tous les sens du terme...

Les funérailles auront lieu à 16h.Toute l'équipe est au CNCM. nous prenons un sotrama (transports locaux traditionnels) pour les rejoindre.

Dans la cour du CNCM, la chaleur est écrasante.

On attend

Morte en accouchant
Morte en accouchant
Morte en accouchant
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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 22:56
Kabala

Bamako

Centre d’entraînement sportif de Kabala

Premières impressions (dimanche 29 octobre)

En fait, le tournage de Rapt à Bamako est commencé depuis presque un mois. L'équipe est nombreuse, tout le monde se connaît bien déjà, et m'accueille avec amitié.

Enfin je lis le scénario, très proche du roman malgré quelques modifications fidèles à l'esprit du texte, et qui en resserrent le propos. A vrai dire, j'aurais besoin de me rafraîchir la mémoire en ce qui concerne le roman écrit il y environ dix ans maintenant et pas relu !

… Silence, on tourne...

Il faut une longue préparation avant que soient prononcés ces trois mots... Les plans sont courts mais on les refait, une fois, deux fois, cinq fois ...

On voit la perche, le jeune acteur n'est pas passé au bon endroit, c'est mou... c'est bon on redouble !

Passe un nuage, on attend le retour du soleil.

Je découvre la longue patience nécessaire à chaque prise de vue, l'exigence du réalisateur et la minutie de chaque détail.

L'après midi un vent violent se lève, fait claquer bruyamment les plaques ondulées du toit. Il apporte une pluie cinglante. Le tournage est suspendu, on attend, et puis l'équipe se disperse. On ne tournera plus aujourd'hui.

lundi 30 Octobre

Dans le moniteur, le cadre enferme l'action, le monde fictif du film, dans le hors cadre l'équipe s'active, prépare le décor. Les objectifs sont soigneusement rangés dans des boites isothermes équipées de mousse. Pas de poussière, pas de choc.

La script me fait une place à ses côtés sous l'épaisse toile noire qui protège l'écran de la lumière. Le réalisateur et son chef opérateur sont devant nous. Je remarque les longs doigts gracieux du réalisateur. Son attention, son souci de ses acteurs-enfants, en particulier, sa douceur. Et sa fermeté.

Entre deux prises, on attend. Le cameraman attend, le preneur de son attend, le claqueur, les assistants. Vigilante, la script attend. Le réalisateur contrôle la lumière, le décor, le jeu de l'acteur. IL va et vient du plateau à l'écran. Il rectifie, précise.

On essaye, on recommence. Tout est noté, l'heure des prises, le temps de mise en place. Rapport de tournage, mouchard... Plus ses petits dessins et ses plans fléchés.

La chaleur monte.

Les verres de thé tournent, sitôt vidés ils sont remplis pour quelqu'un d'autre.

Changement d'objectif. Très gros plan sur la bouche de l'imam. Le rictus n'est pas assez féroce. « Décidément tu n'es pas un tueur », dit le réalisateur. La contre plongée renforcera la férocité insuffisante des lèvres.

La chaleur monte. Les mouches tournent. On refait. On refait. 95-3-3. Un dernier....

On transporte le monitor et les caisses de bois qui nous servent de siège de place en place.

Extérieur. On aveugle de cartons les grilles des fenêtres qu'il ne faut pas que le spectateur reconnaisse. On installe le décor, minimaliste.

Cheik a laissé ses chaussures, il marche pieds nus sur le carrelage mangé d'herbes folles, lentement, concentré. L'histoire qu'il tourne infuse en lui – angles de prise de vue, choix des échelles de plan... tout est déjà prévu et tout est à repenser sans cesse. « L'espace d'un film, ce n'est pas seulement ce qu'il y a dans le cadre. Une voix peut venir de l'extérieur, quelqu'un peut entrer ou sortir du plan d'un côté ou de l'autre, par le haut ou par le bas... »

Quand il tourne un plan il a en tête le précédent et le suivant.

La nuit tombe, la journée de tournage est finie.

Cheik s'installe pour répondre aux questions d'une jeune stagiaire. Avec la plus grande simplicité et la plus grande générosité, il partage sa passion, ses convictions, ses principes, son expérience. Il revient sur les plans tournés, expliquent ses choix.

« Un autre avec le même scénario ferait un autre film .

Un rayon de lumière crée de la beauté surtout quand il révèle une émotion sur un visage. Je cherche cette beauté.

Au montage, on peut utiliser différentes prises d'une même scène pour créer une dynamique. C'est au montage que tu construis définitivement l'oeuvre. Au tournage tu te donnes les moyens de cette construction, mais chacun a sa façon d'exprimer ce qu'il veut.

On ne cède jamais aux propositions des techniciens. C'est à toi de construire ton plateau, de défendre tes choix de mise en scène, mais je me concerte avec mon opérateur. Je sais ce que je veux. A lui de le faire. Moi je suis de l'école du clair-obscur. Il faut tenir compte des ombres comme de la lumière. Chaque technicien a ses trucs pour tamiser la lumière.

Le réalisateur a tout son film en tête. Il a fait le découpage technique du scénario, éventuellement un story board. Le technicien peut rappeler un oubli, rien de plus. »

L'échange se poursuit encore longtemps dans la nuit qui s'épaissit. Cheik parle de ses films précédents, des années de repérages, de préparatifs pour Guimba (Le Tyran) ou la Genèse...

Kabala
Kabala
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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 19:45

Connaissez-vous Cheik Omar Sissoko ?

Il a eu plusieurs fois l'"Etalon de Yennega" au Festival Panafricain de Cinéma de Ouagadougou, et je l'ai admiré de loin lors de mon premier voyage en Afrique de l'ouest en 1986. J'avais vu Nyamanton la leçon des ordures. dont j'avais admiré l'intelligence, l'humour et le tragique et je n'aurais même pas osé rêver qu'il adapte un jour un de mes romans, moi qui n'avais encore publié qu'un livre,tiré à 500 exemplaires pour quelques happies few!

Et bien aujourd'hui il adapte mon roman Rapt à Bamako (écrit avec Alpha Mende Diarra lors d'un séjour ultérieur).

Le tournage est en cours et je m'envole samedi pour Bamako où je serai accueillie par sa maison de production, par lui-même donc!

Après un long silence - mais le virtuel est si chronophage et le temps réel si riche et plein !

voici donc une rafale de nouvelles... la sortie d'Emilie et Oskar - le deuxième livre de la collection Les Justes qui vient de commencer avec deux autres titres, à découvrir sur le site des Editions Oskar

et ce voyage à Bamako

Plus de nouvelles à mon retour, promis

si je reviens!

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 17:31

A

A

Vous avez sans doute vu le film de Speilberg : La liste de Schindler, vous connaissez l'histoire mais vous ignorez sans doute le rôle qu'a joué Emilie, la femme d'Oskar Schindler, dans le sauvetage de "leurs" juifs.

Cheville ouvrière de la phase finale du sauvetage : construction d'un "vrai-faux" camp de concentratuon à l'intérieur duquel les Schindler ont mis à l'abri leurs "ouvriers hautement qualifiés", elle a été infirmière, porteuse de valises, intermédiaire pour trouver de quoi nourri et soigner ces hommes et ces femmes que le destin leur avait en quelque sorte confié.

Un texte court et dense, pour découvrir ou redécouvrir un moment fort de notre histoire.

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